Une cyber-pharmacie de Gironde a été piratée

Le site Internet d’une pharmacie de Salles a été détourné pour y vendre des boîtes de simili-Viagra normalement prescrit sur ordonnance. La chambre des pharmacies de Gironde (CSPG) a déposé plainte jeudi dernier, auprès du procureur de la République de Bordeaux, pour exercice illégal de la pharmacie. De l’autre côté, la profession de pharmacien s’inquiète d’une libéralisation trop rapide du commerce de médicaments en ligne. Le pharmacien de Salles a failli ne s’apercevoir de rien, heureusement que le patient désireux de se procurer les cachets avait téléphoné pour s’étonner du faible prix de la boîte !

Une cyber-pharmacie de Gironde a été piratéeSite pirate : copie conforme de l’original

L’enquête suit actuellement son cours, dans le but d’identifier le pirate, mais la Chambre des pharmacies de Gironde ne cache pas ses inquiétudes sur les défaillances de sécurité des sites de cyber-pharmacies. Rappelons que le Conseil d’Etat vient d’autoriser récemment la vente en ligne des médicaments sans ordonnance, autorisée par le décret du 12 décembre 2012, en application d’une directive européenne. Ce site pirate se ressemble tout à fait au site original. Le président de la Chambre des pharmacies de Gironde explique : « Il présente le nom d’une pharmacie française et un drapeau français. On ne connaît pas l’identité de celui qui a copié le site original. Ceci est préoccupant quand on sait que ce type de médicaments (Viagra) est dangereux. Cette affaire montre les carences actuelles en matière de sécurité de la vente de médicaments en ligne ».

Défavorable à la libéralisation du commerce électronique des médicaments, la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF) s’exprime : « Le piratage de sites, pourtant sécurisés, des grandes banques est suffisamment courant pour qu’on ait des inquiétudes quand il s’agit de santé ». En effet, le nom des patients achetant en ligne, leurs problèmes de santé… pourront très bien se retrouver sur Internet, alors que ces informations devraient relever de la confidentialité. Avec la décision du Conseil d’Etat, on a ouvert à 23 000 officines en France la possibilité de créer des sites de vente en ligne. L’on se demande alors si ces dernières seraient capables de bien sécuriser leurs sites.

Il faut informer les consommateurs

De son côté, l’association Consommation Logement Cadre de Vie ou CLCV, représentée par Vincent Perrot ne semble pas surprise par cette nouvelle de piraterie. « Que ces sites Internet ne soient pas bien sécurisés ne m’étonne pas », concède-t-il. Il insiste sur le devoir d’informer sur le fait que les médicaments sous ordonnance ne peuvent être vendus sur le Net dans aucun autre pays de l’Union Européenne. De leur côté, les pharmaciens ont également le devoir d’informer le patient des risques. En effet, des enquêtes de l’association UFC-Que Choisir révèlent que 30% à 40% des pharmaciens n’informent pas les clients sur les risques potentiels.

Dans un autre cadre, l’association CLCV va lancer au mois de mars, une enquête sur le prix des médicaments vendus en ligne et en pharmacie. En effet, la CLCV doute sur le fait que la libéralisation du marché ferait baisser les prix, contrairement à ce que pense la Commission de Bruxelles.