Pharmacie : attention aux médicaments contrefaits venus d’ailleurs

Le médicament étant le premier secteur touche par la contrefaçon, le président de la Chambre syndicale des pharmaciens, Thierry Guillaume s’inquiète. Et il y a de quoi.

Pharmacie, attention aux médicaments contrefaits venus d’ailleurs13 tonnes de faux médicaments saisis au Havre !

La direction des douanes a annoncé le 27 février dernier, une saisie de 13 tonnes de faux médicaments de Viagra et d’aspirine, dans des conteneurs au Havre. Ces cachets contrefaits sont destinés à être vendus sur Internet, via des sites pas nets. Selon le président de la Chambre syndicale des pharmaciens, il est du devoir des professionnels d’alerter les consommateurs. « Malgré cette prise des douanes assez inquiétante, la situation en France est plutôt meilleure que dans les autres pays, car la qualité de la chaîne du médicament est verrouillée, à condition d’éviter d’aller sur des sites Internet non sécurisés et non validés par l’Agence régionale de la santé (ARS). Sur le Net, il existe des sites directement rattachés à des pharmacies, mais encore assez peu, parce que cela coûte très cher ».

Une pharmacie en ligne, un investissement pour les officines

Si une pharmacie souhaite créer un site, elle doit d’abord demander l’autorisation à l’ARS, déposer un dossier qui sera examiné, avant de recevoir enfin une validation. En Aquitaine par exemple, il existe seulement trois sites de vente en ligne, et trois pharmacies, dont une à Bordeaux, une dans l’agglomération bordelaise, et une en Dordogne. « Commander des médicaments sur Internet présente des avantages. Cela permet aux personnes isolées ou à mobilité réduite d’être livrées à domicile, mais le système pèche encore par manque de sécurisation, sans véritable garantie en matière de secret professionnel. Sans oublier l’aspect lucratif : pour une officine, la gestion d’un site de vente en ligne représente deux emplois hautement qualifiés, à plein-temps, pour couvrir les plages horaires ».

Au-delà du Viagra

Ainsi, la France verrouille bien ses médicaments, mais il existe certains consommateurs qui tentent le diable en achetant sur Internet des produits venus de l’étranger, à leurs risques et périls. Le pharmacien explique : « Des lots de cachets contrefaits échappent à notre vigilance et circulent en Europe, le conteneur saisi au Havre l’atteste. Les comprimés contre les troubles de l’érection, par exemple, font partie des cibles favorites des consommateurs, qui préfèrent le caractère confidentiel du Net. Pour ce type de médicament, mieux vaut le conseil d’un pharmacien, ces cachets ne sont pas à prendre à la légère ». Il est vrai qu’un pharmacien ne délivrera pas de Viagra sans une ordonnance. Cependant, il ne s’agit pas seulement du Viagra, mais des autres médicaments du même acabit. Les habitudes de consommation ont changé, les gens commandent tout en ligne, même leurs médicaments… En outre, les pharmaciens ne sont pas encore prêts, les données de santé personnelles ne sont pas préservées, et le conseil direct reste un facteur très déterminant.

18% des faux saisis sont des médicaments contrefaits

A ce jour, les médicaments sont le premier secteur touché par la contrefaçon, avec 18% des 7,6 millions d’articles saisis par les douanes en 2013. En revanche, les vêtements représentent 14% de ces 7,6 millions. Le pharmacien Thierry Guillaume affirme que pour l’instant, il s’agit d’informer les consommateurs, de les sensibiliser, mais il faudra aussi très vite évoluer et répondre aux changements sociétaux.

Selon une récente enquête Ifop, plus d’un Français sur dix achèterait des médicaments sur Internet. Ce même institut de sondage confirme que 35% des personnes interrogées aimeraient se procurer sur Internet des médicaments prescrits, voire que leur médecin commande en ligne pour eux les médicaments qu’il leur prescrit…