Médicaments : les pharmaciens souhaitent l’encadrement de la concurrence

Michel –Edouard Leclerc a annoncé lundi dernier sur Canal Plus, qu’il comptait proposer dans ses rayons des médicaments non remboursés à des prix 25 à 30% moins chers que dans les officines. Mais cette stratégie marketing n’est pas saluée par tous. Jean-Luc Audhoui, un pharmacien et membre de la Fédération des syndicats pharmaceutiques, n’hésite pas à dénoncer cette démarche. En effet, ce ne serait pas la première fois que Leclerc fait ce genre de déclaration, afin de faire de la publicité à bon compte pour ses magasins.

Médicaments, les pharmaciens souhaitent l’encadrement de la concurrenceIrresponsable en termes de santé publique

Pour le pharmacien Jean-Luc Audhoui, le médicament est une substance particulière, et non ordinaire, et il existe bien des règles pour dispenser ce produit auprès du public : le consommer au bon moment, à la bonne quantité et dans de bonnes conditions… Et c’est bien le cas en France. Ainsi, Jean-Luc Audhoui dénonce la stratégie marketing de Michel-Edouard Leclerc comme irresponsable en termes de santé publique, alors que ce dernier affirmait vouloir « mettre un peu de concurrence dans ce secteur ».

Vers une concurrence bien encadrée

Si les pharmaciens s’opposent à ce politique marketing de Leclerc, c’est dans un souci de sécurité. En effet, dénoncer la démarche de Leclerc ne signifie pas souhaiter « vendre plus de médicaments en ayant l’exclusivité de la vente ». Selon Jean-Luc Audhoui, les pharmaciens souhaitent simplement exercer leur métier. Le monopole est là certes, mais il s’agit d’un monopole de fonctionnement, « encadré et surveillé par l’Etat ». En effet, les pharmaciens ont fait des études en pharmacie, décroché leur diplôme, se sont inscrits à l’Ordre et travaillé dans une officine autorisée par l’Etat.

La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France ne souhaite pas éviter la concurrence, mais ils souhaiteraient un corridor de prix, afin d’éviter de trop forts écarts dans les prix des médicaments. Ainsi, les pharmaciens seraient pour une concurrence bien encadrée, afin de permettre aux Français de « trouver sur tout le territoire des médicaments pour se soigner à un prix raisonnable ».