Maroc : baisse des prix des médicaments

Au début de la semaine, le ministre de la Santé marocain a annoncé une baisse des prix de 1 500 médicaments d’ici quelques semaines. Ainsi, le secteur de la santé est actuellement en pleine révolution au Maroc. Très prochainement, la règlementation pour la fixation des prix devrait être modifiée.

Maroc baisse des prix des médicamentsQuel mode de fixation des prix des médicaments ?

Finalement, le ministère marocain de la Santé n’aurait pas respecté sa propre décision, qui est celle de modifier d’abord le mode de fixation des prix des médicaments, avant de prononcer une nouvelle baisse des prix. Lundi 18 février dernier, le ministre de la Santé El Houssaine El Ouardi a annoncé « Nous avons abaissé les prix de 320 médicaments, certains ont connu une baisse de 83% et dans les semaines à venir, nous allons revoir les prix de plus de 1 500 médicaments, en vue de leur abaissement ». En effet, une baisse des prix de 320 médicaments parmi les plus chers, a déjà été annoncée par le ministre de la Santé le 7 novembre dernier. Ces médicaments constituent notamment des traitements pour les maladies graves et chroniques dont le prix dépasse 500 DH. Mais lors de son annonce concernant les 1 500 médicaments, le ministre n’a pas précisé les médicaments concernés par cette baisse, ni l’ampleur de la baisse des prix d’ailleurs. Alors que la quantité des produits est assez importante, représentant environ un quart des médicaments vendus en pharmacie.

Les pharmacies inquiètes

Pour les pharmaciens, cette annonce est « dramatique », dans la mesure où la baisse va toucher des médicaments qui ont une forte rotation dans les officines. « Elle va mettre à terre toutes les pharmacies du Maroc, alors qu’il s’agit seulement d’une mesure démagogique qui ne concerne pas la totalité du panier de soins des patients », estime le coordinateur national du collectif national des pharmaciens du Maroc. Ce pharmacien continue d’expliquer que bon nombre de mesures promises par le gouvernement marocain pour compenser les pertes enregistrées par les pharmaciens n’ont pas été respectées. « La pharmacie de la CNOPS qui brasse 500 millions de dirhams par an devait fermer et elle a vu son contrat prorogé jusqu’en fin 2014, le système de tiers-payant n’a toujours pas vu le jour… », rappelle-t-il.

Des marges réduites pour les opérateurs

Actuellement au Maroc, la détermination des prix des médicaments s’effectue au niveau des pouvoirs publics. Les marges brutes de chaque opérateur sont déterminées par un décret datant de 1969. Ainsi, les industriels emportent 60% des prix, 10% vont aux grossistes et 30% aux pharmacies. Quant au patient, il paie une TVA de 7 à 20% pour certains médicaments.
Dans un rapport qui date de 2004, l’Organisation Mondiale de la Santé expliquait que la réglementation instaurait également une distinction entre médicaments importés et ceux fabriqués localement. Le prix des produits importés est ainsi fixé sur leur prix dans le pays d’origine. Plus le prix initial est cher, plus les marges des opérateurs seront donc élevées.

Cette réforme a donc pour principal objectif d’établir un système de benchmarking : les prix des médicaments importés seraient fixés en fonction du plus bas prix observé dans une sélection de pays proches du Maroc. Les marges des différents opérateurs pourraient être également revues pour devenir dégressives. Un peu plus élevée pour les pharmaciens sur les produits les moins chers, elle irait en diminuant pour les médicaments les plus chers.