Les personnes âgées consomment trop de médicaments

Les pensionnaires des établissements d’hébergement de personnes âgées dépendantes (Ehpad) en Alsace consommeraient beaucoup de médicaments. En moyenne, on enregistre huit molécules différentes par personne, mais cela peut aller jusqu’à 25 médicaments à prendre tous les jours. On constate pourtant que 20% des personnes âgées de plus de 80 ans hospitalisées le sont en raison des interactions ou des effets indésirables de ces médicaments prescrits. Ces hospitalisations sont également liées à une incompatibilité du médicament avec le patient, ou au non-respect des doses prescrites…

Les personnes âgées consomment trop de médicamentsMettre en place un observatoire

On doit le reconnaître, il est difficile de faire diminuer la prescription par les médecins, notamment en ce qui concerne les malades avec plusieurs pathologies parfois lourdes à traiter. Afin de lutter contre ce phénomène d’effets indésirables des médicaments, l’Agence régionale de la santé Alsace a développé des outils. Ainsi, une liste de médicaments adaptés à la personne âgée a été établie et mise à disposition des Ephad, avec l’aide d’un observatoire dédié aux médicaments, l’Omedit. Dr Marie-Christine Rybarczyk, qui pilote cet observatoire explique : « On cherche à privilégier les médicaments qui présentent le moins d’effets indésirables. Un pharmacien référent va travailler avec les médecins et l’équipe soignante pour une meilleure coordination des soins ».

La prescription de médicaments serait devenue culturelle dans notre pays, selon Laurent Habert. On serait champion du monde pour la consommation de benzodiazépines. Ces dernières ont été choisies comme tranquillisant pour les personnes âgées, pour la raison qu’elles sont éliminées plus rapidement de l’organisme, évitant ainsi les problèmes de surdosage.

Vers une amélioration des prescriptions

Des contrats de bon usage du médicament ont été passés entre l’Agence régionale de la santé Alsace et les établissements à charge de la prise en charge de médicaments. Le directeur de l’agence régionale de la santé Alsace explique : « Cela passe par une informatisation des prescriptions, par une traçabilité, mais aussi par une analyse complète du traitement du patient, à son admission, et à une éventuelle réévaluation ». De ce fait, l’informatisation de la prescription au pied du lit est passée de 10% à près de 50% entre 2006 et 2012. L’analyse pharmaceutique de la prescription complète du patient est passée de 33% à 44% entre 2009 et 2012. Il reste alors à réduire le nombre de molécules administrées aux personnes âgées, notamment celles qui sont destinées à les faire se tenir tranquilles.