Le commerce électronique de médicaments n’est pas sans risque

Le ministre des Affaires Sociales et de la Santé a légalisé vers la fin de l’année passée, la vente en ligne des médicaments délivrés sans ordonnance, à compter du 1er mars 2013, pour se conformer à une directive européenne. Cette mesure de libéralisation a été décidée dans l’objectif de répondre à l’explosion des marchés parallèles et des contrefaçons, qui représenteraient 50% des médicaments vendus sur Internet, selon le syndicat des laboratoires pharmaceutiques (LEEM). Le président du conseil régional d’Ile-de-France des pharmaciens, Martial Fraysse, a évoqué les risques liés à cette décision.

Le commerce électronique de médicaments n’est pas sans risqueAssurer la confidentialité

Pour ouvrir une pharmacie en ligne, il faut être pharmacien et posséder une officine en France. Le nom de domaine du site devra également être clairement identifiable, et le site devra être validé pour la présence de liens renvoyant au site du conseil d’ l’Ordre des pharmaciens, ainsi qu’à celui de l’Agence Régionale de Santé (ARS) dont dépend la pharmacie. Pour le moment, il n’existe pas encore de cahier de charges des futures pharmacies en ligne. Mais une fois défini, il faudra un certain délai aux ARS pour délivrer les autorisations d’ouverture. Actuellement, il n’y a qu’un questionnaire obligatoire, avant la délivrance d’un produit, qui devra obligatoirement partir du stock de la pharmacie. Ainsi, le pharmacien devra demander directement à l’internaute quel type de traitement il suit, et s’il a ou non des allergies… Pour Martial Fraysse, il existe des problèmes techniques à résoudre « Les serveurs, les opérateurs et les fournisseurs de comptes mails devront être agréés « données santé » pour que la confidentialité des échanges et des achats soit assurée ». Sinon, un client qui achète des patchs à la nicotine pourrait recevoir des publicités pour des cigarettes électroniques…

Les principaux risques de la vente en ligne de médicaments

Le commerce électronique de médicaments représente des risques qu’il ne faudrait pas négliger. Le premier concerne les informations que donnera l’internaute, car le pharmacien doit se fier aux dires de ce dernier, faute d’accès à son dossier pharmaceutique. Cependant, c’est important pour éviter une interaction avec un médicament que l’internaute prendrait déjà. Ensuite, rien ne prouvera que le client est bien une personne majeure. Il suffit en effet de cliquer sur la mention « j’ai plus de 18 ans » et faire un achat avec la carte bancaire de ses parents…

Les achats abusifs constituent également un des principaux risques de la vente en ligne de médicaments. Cependant, c’est extrêmement dangereux dans la mesure où cela pourrait engendrer par exemple des accidents, voire du trafic. « Certains sirops pour la toux sont utilisés pour se droguer, des médicaments en vente libre, en quantité excessive, peuvent servir à un suicide », selon les explications de M. Fraysse.

En tant que consommateurs en ligne, il est conseillé de se rendre sur le site de l’Ordre des Pharmaciens, où vous trouverez la liste des sites autorisés, afin de ne pas acheter des médicaments contrefaits, en espérant que le site ne soit pas encore hacké, comme c’était déjà le cas d’une pharmacie à Bordeaux…