La descente aux enfers du système de santé grec

On assiste actuellement à la suspension des livraisons de médicaments aux hôpitaux grecs, à cause d’impayés. Hier encore, la Croix Rouge suisse a aussi annoncé qu’elle allait devoir réduire ses livraisons de sang destiné aux transfusions.

La descente aux enfers du système de santé grecLa Croix Rouge va réduire ses livraisons de sang

Le directeur du service des transfusions à la Croix Rouge suisse explique que cette décision n’a pas été facile à prendre à leur niveau, mais le sang livré à la Grèce provient d’une réserve d’urgence. Ainsi, le non-paiement des livraisons par la Grèce finit par mettre en danger la continuité du service. En effet, les impayés ont atteint 4 millions d’euros en 2011. Il est important de savoir que la Croix Rouge ne vend pas le sang en lui-même, car ce sont des dons. Les poches de sang sont ainsi offertes, et la Croix Rouge Suisse en donne 30 000 poches par an à la Grèce. Mais les frais de laboratoire, de livraison et d’administration ne sont plus honorés depuis quelques années. Voilà pourquoi la Croix Rouge suisse donne encore deux ans à la Grèce avant de réduire ses livraisons de sang, qui seront diminuées par deux d’ici 2020.

Pénurie organisée ?

D’autre part, les laboratoires pharmaceutiques ne veulent plus faire de crédit. Ainsi, des hôpitaux grecs se trouvent privés de médicaments essentiels. Merck a également suspendu ses livraisons d’un médicament contre le cancer, récemment. Les pharmacies se plaignent d’être remboursées au compte-goutte par la Sécurité Sociale, et décident, elles aussi, de ne plus faire de crédit à des patients qui n’ont pas toujours de quoi payer leur traitement… Le parti de gauche Syriza dénonce alors une « pénurie organisée », et a décidé de saisir la Justice.

2 milliards d’euros de dette

Depuis l’année 2010, le budget des soins de santé a été réduit de plus de 30%, afin de résorber une dette de 2 milliards d’euros. Les hôpitaux grecs manquent de choses aussi basiques que des pansements ou des compresses. Ainsi, ils doivent parfois demander aux patients de les apporter eux-mêmes. Dans le plus ancien hôpital d’Athènes, le budget a été réduit de moitié et seul un médecin retraité sur dix est remplacé, selon les explications de France 24. En outre, une personne sur trois n’a pas d’assurance maladie en Grèce. En conséquence, les centres destinés aux démunis, tenus notamment par l’ONG Médecins du Monde, sont pleins…