Automédication : seulement 6,4% du marché des médicaments en France

Les fabricants de médicaments ont expliqué que l’élargissement des traitements vendus sans ordonnance permettrait à la Sécurité Sociale d’économiser jusqu’à 1,5 milliard d’euros. Les ventes de médicaments sans ordonnance ont progressé de 1,9% en valeur en 2011, tandis que les médicaments prescrits reculaient de plus de 1%. Selon le président de l’Association des fabricants de médicaments en vente libre (Afipa), Pascal Brossard, « l’automédication ne représente que 6,4% du marché des médicaments en France, contre 10,4% en moyenne en Europe, et 18,1% pour la Grande-Bretagne, et même 26% pour la Pologne ».

Automédication, seulement 6,4pourcents du marché des médicaments en FranceÉlargir la gamme de médicaments vendus sans ordonnance

Ainsi, l’Association des fabricants de médicaments en vente libre (Afipa) préconise l’élargissement de la gamme de médicaments vendus sans ordonnance. En effet, la collectivité pourrait réaliser des économies jusqu’à 398 millions d’euros, en décidant de supprimer la prescription médicale obligatoire, et jusqu’à 1,5 milliard en déremboursant une centaine de molécules, selon toujours l’Afipa. Cette dernière inclut dans son calcul les sommes économisées sur les consultations évitées. Cette économie atteindrait 124 millions d’euros pour l’ensemble des traitements de la migraine, 303 millions pour la rhinite allergique, et 444 millions pour les reflux gastro-œsophagiens…

Risque d’augmentation des prix

Si ces mesures sont prises en compte, les patients deviendront plus autonomes, et la Sécurité Sociale pourra consacrer les montants économisés à des pathologies plus lourdes et aux populations défavorisées, suggère M. Brossard. Cependant, ces mesures ne profiteront pas vraiment aux consommateurs, en termes d’économie. En effet, ils devront payer ces médicaments de leur poche, parce que la prise en charge par les mutuelles est encore très limitée. De plus, en déremboursant les médicaments, il n’y aurait plus d’encadrement des prix, et les laboratoires seraient alors entièrement libres d’augmenter leurs tarifs.