Automédication : prudence s’impose !

L’utilisation des médicaments est toujours délicate, parce qu’ils comportent toujours des risques. Mais vous n’êtes pas non plus obligé d’aller consulter un médecin pour des bobos. Cependant, il convient d’être très prudent, lorsque vous pratiquez l’automédication chez vous.

Automédication, prudence s’imposeCertains médicaments en vente libre comportent des risques

Récemment, en mi-décembre dernier, une nouvelle mise en garde sur les risques potentiels de certains médicaments anti rhume a été publiée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Cette mise en garde explique : « des données récentes et actualisées de pharmacovigilance font état d’une persistance d’effets indésirables cardio-vasculaires et neurologiques exceptionnels mais graves, avec les décongestionnants renfermant un vasoconstricteur… ». Cette mise en garde vise notamment les spécialités orales en vente libre à base de pseudoéphédrine (Dolirhume, Humex rhume, Actifed rhume, Nurofen rhume, …). Ainsi, il a été préconisé par la Commission nationale de pharmacovigilance que ces médicaments soient désormais délivrés uniquement sur ordonnance, comme pour le cas de ceux par voie nasale. Cependant, l’ANSM n’a pas été très favorable à cette mesure, en rappelant simplement les recommandations de bon usage : le respect de la posologie maximale journalière, le respect de la durée maximale d’utilisation de 5 jours, le fait de ne pas utiliser ces médicaments chez un enfant de moins de 15 ans, ni en cas d’hypertension, d’antécédents d’accident vasculaire cérébral, de convulsions, d’insuffisance coronaire, ou d’autres facteurs de risques pour ces affections citées précédemment, et enfin, le fait de ne pas associer ces médicaments entre eux.

Aucun médicament n’est anodin

Il faut toujours être très vigilant en matière d’automédication, car « aucun médicament n’est anodin » selon le Pr François Chast, un pharmacien hospitalier. En effet, l’automédication est souvent utile, parce qu’elle ne nécessite pas le temps de consultation d’un médecin, mais elle peut parfois dissimuler également un symptôme révélateur. Ainsi, elle retarde le bon diagnostic, la prise en charge, et masque un signe d’aggravation ou des effets indésirables d’un autre traitement. Ainsi, il est plus prudent de ne pas pratiquer l’automédication chez la femme enceinte, chez le petit enfant, chez la femme allaitante ou encore chez les personnes âgées.

Automédication : mode d’emploi

Le pharmacologue clinicien Pr Jean-Paul Giroud est auteur d’un guide grand public de l’automédication paru récemment. Il préconise certaines règles qui devraient s’imposer dans le cadre de l’automédication :

  • Ne pas prendre un médicament, même en vente libre, que si c’est indispensable ;
  • Toujours privilégier un médicament ne contenant qu’une seule substance ;
  • La période d’automédication doit être courte : 4 à 5 jours, et jamais plus d’une semaine ;
  • Pas d’automédication en cas de traitement de maladie chronique, de diabète, d’hypertension… sans consulter l’avis d’un médecin ;
  • Lire attentivement les notices afin d’éviter un surdosage accidentel.